James Van der Waals

    Physicien hollandais, 1837-1923.


...    Le parcours du physicien hollandais van der Waals est assez atypique : d’abord instituteur, puis professeur dans l’enseignement secondaire, il fréquenta les cours de l’Université de Leyde pendant son temps libre sans avoir le droit de passer les examens, faute d’avoir suivi le cursus classique.

        Les travaux de van der Waals ont permis des progrès spectaculaires dans la compréhension des états de la matière.

    Suivant des paramètres mesurables à notre échelle (volume, température, pression), un fluide peut exister sous forme liquide ou gazeuse… ou les deux à la fois. Les thermodynamiciens ont proposé de nombreuses « équations d’états » qui visent à relier ces paramètres. Celle élaborée par van der Waals contient deux innovations majeures qui permettent d’établir cette loi « macroscopique » à partir des propriétés des molécules elles-mêmes. Premièrement, les molécules ont un volume « incompressible » : il faut en tenir compte dans un modèle réaliste. Deuxièmement, elles établissent entre elles des liaisons (que la postérité nommera forces de van der Waals). Ces liaisons inter-moléculaires sont plus faibles que les liaisons chimiques à l’intérieur des molécules mais de leur intensité dépendra l’état d’un corps pour des conditions données. Prenons par exemple une série de petites molécules : H2O, NH3, CH4. Dans les conditions de température et de pression usuelles sur Terre, l’eau existe sous forme liquide alors que l’ammoniac ou le méthane n’existent que sous forme gazeuse. C’est parce que l’interaction entre deux molécules d’eau est plus forte que celle entre deux molécules de méthane. D’autre part, lorsqu’on chauffe un liquide, on détruit ces liaisons et on permet aux molécules de la surface du liquide de s’échapper sous forme de vapeur. Ces liaisons existent même entre des atomes ou des molécules inertes (argon, hélium, di-azote…) mais elles sont extrêmement faibles. C’est pourquoi il faut descendre à des températures très basses (où l’agitation de la matière est très réduite) pour les obtenir sous forme liquide. En se basant sur les travaux de van der Waals, Dewar a été le premier à liquéfier l’azote en 1898 et Kamerlingh Onnes l’hélium en 1908.